Staceyann Chin se décrit comme une femme née en Jamaïque, vivant à Brooklyn (Etats-Unis), lesbienne, écrivaine, poétesse, activiste politique, performeuse et mère célibataire. Cette brève description donne un rapide aperçu de sa forte personnalité et de ses engagements.

Elle a donné naissance en 2012 à une petite fille nommée Zuri et cette dernière est bien partie pour reprendre le flambeau du militantisme.

Toutes deux ont lancé sur YouTube la série Living Room Protest (manifestation de salon) dans laquelle elles s’expriment sur les sujets qui leur tiennent à cœur. C’est surtout Zuri qui, du haut de ses 3 ans, affirme avec force (et mignonitude je dois être honnête) ses convictions.

Et le 3e Living Room Protest est très clair :  Zuri demande que l’on ne la touche pas à moins d’avoir recueilli son accord.

Zuri et sa mère Staceyann Chin
Zuri et sa mère Staceyann Chin

Elle a parfaitement intégré que notre corps nous appartient, d’ailleurs à un moment de la séquence on l’entend demander à sa mère si elle peut la toucher. Après que sa mère l’ait accepté, Zuri lui caresse délicatement la main.

Le côté adorable de cette vidéo ne doit pas empêcher de comprendre le message diffusé : les enfants ne sont pas des poupées et leur consentement compte.

 

 

J’adore les enfants. J’aime les bisouiller, leur faire des câlins et rire avec eux. Mais il ne me viendrait jamais à l’esprit de le leur imposer. De la même manière, quand je rencontre des enfants je leur dis toujours « bonjour » (jusque-là rien d’anormal) et demande si je peux « avoir un bisou ». Si l’enfant refuse de m’embrasser, je demande si moi je peux lui faire un bisou (d’ailleurs en y repensant cela revient à insister aussi je vais arrêter). Si l’enfant refuse, cela ne me pose pas de problème.

Je ne le vois pas comme un affront ou un manque de politesse, je ne suis ni vexée ni indignée et je ne remets pas en question l’éducation des parents.

Malgré tout, ils grondent souvent les enfants aussi je leur dis que ce n’est pas grave et qu’elle ou il n’a pas à embrasser ou à l’être de force.

J’ai moi-même différents souvenirs d’avoir dû embrasser des personnes (généralement adultes) alors que je n’en avais pas du tout envie. Dire bonjour est suffisant, j’ai trop de souvenirs de bises forcées avec des barbes piquantes, des haleines sentant le tabac ou des hommes qui me mettaient mal à l’aise pour des raisons que je n’identifiais pas encore.

Note : Staceyann Chin est une femme à connaître, nous aurons surement l’occasion d’y revenir.