Zuri, 3 ans : « Ne me touchez que si je vous y autorise »

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29 janvier 2015

Zuri, 3 ans : « Ne me touchez que si je vous y autorise »

Staceyann Chin se décrit comme une femme née en Jamaïque, vivant à Brooklyn (Etats-Unis), lesbienne, écrivaine, poétesse, activiste politique, performeuse et mère célibataire. Cette brève description donne un rapide aperçu de sa forte personnalité et de ses engagements.

Elle a donné naissance en 2012 à une petite fille nommée Zuri et cette dernière est bien partie pour reprendre le flambeau du militantisme.

Toutes deux ont lancé sur YouTube la série Living Room Protest (manifestation de salon) dans laquelle elles s’expriment sur les sujets qui leur tiennent à cœur. C’est surtout Zuri qui, du haut de ses 3 ans, affirme avec force (et mignonitude je dois être honnête) ses convictions.

Et le 3e Living Room Protest est très clair :  Zuri demande que l’on ne la touche pas à moins d’avoir recueilli son accord.

Zuri et sa mère Staceyann Chin
Zuri et sa mère Staceyann Chin

Elle a parfaitement intégré que notre corps nous appartient, d’ailleurs à un moment de la séquence on l’entend demander à sa mère si elle peut la toucher. Après que sa mère l’ait accepté, Zuri lui caresse délicatement la main.

Le côté adorable de cette vidéo ne doit pas empêcher de comprendre le message diffusé : les enfants ne sont pas des poupées et leur consentement compte.

 

 

J’adore les enfants. J’aime les bisouiller, leur faire des câlins et rire avec eux. Mais il ne me viendrait jamais à l’esprit de le leur imposer. De la même manière, quand je rencontre des enfants je leur dis toujours « bonjour » (jusque-là rien d’anormal) et demande si je peux « avoir un bisou ». Si l’enfant refuse de m’embrasser, je demande si moi je peux lui faire un bisou (d’ailleurs en y repensant cela revient à insister aussi je vais arrêter). Si l’enfant refuse, cela ne me pose pas de problème.

Je ne le vois pas comme un affront ou un manque de politesse, je ne suis ni vexée ni indignée et je ne remets pas en question l’éducation des parents.

Malgré tout, ils grondent souvent les enfants aussi je leur dis que ce n’est pas grave et qu’elle ou il n’a pas à embrasser ou à l’être de force.

J’ai moi-même différents souvenirs d’avoir dû embrasser des personnes (généralement adultes) alors que je n’en avais pas du tout envie. Dire bonjour est suffisant, j’ai trop de souvenirs de bises forcées avec des barbes piquantes, des haleines sentant le tabac ou des hommes qui me mettaient mal à l’aise pour des raisons que je n’identifiais pas encore.

Note : Staceyann Chin est une femme à connaître, nous aurons surement l’occasion d’y revenir.

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Commentaires

MonBienCherAmi
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Même demander reste problématique pour moi. Un-e enfant en bas âge est trop impressionnable face à des adultes faisant (réellement) deux fois sa taille pour qu'on considère qu'ille ait été en position de faire un "choix". En dehors de la période "non", on a rarement idée de s'opposer à un-e adulte à cet âge là. Le rapport de force est donc trop inégal pour considérer qu'il y a vraiment consentement, surtout quand, comme il est dit, c'est souvent une forme de sanction qui les attend en cas de refus.

https://www.rolereboot.org/culture-and-politics/details/2013-08-stop-asking-my-daughter-to-give-you-a-kiss

Estelle - Afroféministe
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je suis d'accord avec ton point de vue dans le sens ou le "rapport de force" est inégal ce qui peut fausser le résultat. mais c'est aussi un moyen d'apprendre progressivement à l'enfant à s'affirmer face aux adultes.
c'est aux parents d'accompagner l'enfant et de le rassurer qu'il n'en sera pas moins aimable s'il dit non.