Enfant, je voulais être astronome. Je dévorais mon encyclopédie afin de découvrir trous noirs et autres merveilles de l’espace et mon regard se perdait souvent dans les étoiles.

Cette envie m’est passée assez tôt. Je ne sais pas si c’est parce que j’associais l’astronomie avec un imaginaire d’enfance, si j’ai été découragée par le système scolaire français ou si c’est tout simplement car je n’en avais pas les compétences.

Toujours est-il que je repense parfois à ce rêve d’enfant et à ce que ma vie aurait été, je l’avais réalisé. C’est ainsi que je me suis intéressée à des parcours de femmes scientifiques et de lien en lien j’ai découvert l’histoire de l’Américaine Mae Jemison, première femme noire astronaute.

Mae Jemison - photo Wikipedia
Mae Jemison – photo Wikipedia

Diplômée en génie chimique, en études africaines et afro-américaines et docteur en médecine, le parcours de cette passionnée de danse est impressionnant. Ses aptitudes et sa ténacité, sa candidature à la Nasa avait été refusée une première fois, lui ont permis de participer à la mission spatiale américaine de 1992.

« C’était un moment très important, car depuis toute petite je savais que j’irais dans l’espace. » – Mae Jemison

 

L’une des inspirations de Mae Jemison est l’aviatrice Bessie Coleman, première femme noire pilote d’avion. Née à Atlanta (Etats-Unis) en 1892, Bessie Coleman avait décidé qu’elle piloterait des avions, mais c’était sans compter sur le sexisme et la ségrégation raciale qui avait alors cours dans son pays. C’est finalement en France qu’elle recevra la formation qui lui permet d’obtenir la licence de pilote de la Fédération aéronautique internationale. Imaginez une femme noire pilote d’avion en Picardie durant l’entre-deux-guerres… La personnalité de Bessie Coleman force l’admiration.

Il faut que nous ayons des aviateurs si nous voulons être en phase avec notre époque. Je ne pourrai jamais être satisfaite tant que nous n’aurons pas des Hommes de notre race qui sauront voler. – Bessie Coleman

Bessie Coleman - photo Wikipedia
Bessie Coleman – photo Wikipedia

Joan Higginbotham et Stephanie Wilson sont les deux autres femmes noires américaines qui ont parcouru l’espace.

Un peu plus bas dans le ciel, La’Shanda Jones est pilote d’hélicoptère au sein des gardes-côtes américains. Sa mère s’est suicidée alors qu’elle était encore un nourrisson et elle a ensuite été ballottée en familles d’accueil, elle a du surmonter un parcours difficile pour réaliser son rêve.

Mais ces femmes noires aux commandes du ciel et de l’espace ne sont pas uniquement américaines.

C’est de son père pilote d’avion que la Kényane Irene Koki Mutungi tient sa vocation. Première femme noire africaine capitaine d’aviation, elle compte bien mener une longue carrière et, à l’instar de son père, la poursuivre en tant que consultante une fois l’heure de la retraite sonnée.

L’Ethiopienne Amsale Gualu est depuis 2010 capitaine d’aviation dans son pays.

Si tu es passionnée, si tu crois en toi et que tu travailles beaucoup, tu peux atteindre n’importe quel objectif. Etre une femme ne doit pas être un frein. – Amsale Gualu

Quant à la Congolaise Fatima Beyina-Moussa, si elle n’a pas au sens propre pris les commandes du ciel, elle n’en est pas moins présidente de la compagnie aérienne ECAir et de l’association africaine des transporteurs aériens.

Ces quelques exemples sont des modèles de réussite et doivent motiver les femmes noires à s’intéresser aux filières scientifiques.

Pour en revenir à l’astronomie, connaissez-vous Fatoumata Kebe ?

Doctorante en astronomie à Paris, elle cultive le partage d’expérience afin de démontrer que  » tous les chemins mènent à Rome « .

J’aimerais que toutes les petites filles voient cette vidéo afin qu’elles sachent que beaucoup de choses leur sont possibles, et ce malgré les discriminations raciales, religieuses, sexuelles ou sociales.

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